luni, 10 februarie 2020

LOUIS MALLE (1932-1995)


LOUIS MALLE

Louis Malle

(1932-1995)
25 films
  
  
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Cinéaste qui cache sous une forme classique et une psychologie subtile le désir de mettre à nu les passions vénéneuses cachées chez les individus. Il a toujours su toucher le public et provoquer le scandale : "Les amants" et la scène de la baignoire, "Zazie dans le métro" et le langage cru de Queneau, "vie privée", "le feu follet" et la réhabilitation de Drieu La Rochelle. L'inceste est mis en scène dans "Le souffle au coeur", la prostitution des enfants évoquées de façon complaisante dans "La petite" ; résistants et collaborateurs analysés sans moralisme dans "Lacombe Lucien".
Né le 30 octobre 1932, à Thumeries (Nord), Louis Malle vécut jusqu'à la guerre dans la vaste propriété familiale, entouré de ses six frères et soeurs avec lesquels il suivit l'enseignement d'une institutrice privée. En 1939, la famille vint s'installer à Paris et deux ans plus tard le jeune garçon entra au Collège Jésuite Saint-Louis de Gonzague. A l'âge de treize ans, un souffle au coeur le contraint pendant deux ans à suivre les cours d'un professeur particulier. Ses lectures font naître en lui un fort sentiment anti-religieux. L'envie de faire du cinéma date de cette époque où il découvrit La règle du jeu. Il s'exerce alors avec la caméra 8 mm de son père. Mais sa famille le destine à Polytechnique. Après son bac, il poursuit des études commerciales, fait Science-Po puis entre à l'IDHEC qui, de son propre aveu, ne lui a rien appris. Avant d'achever sa seconde année, il remplace un ami sur le bateau de Jacques-Yves Cousteau et apprend la technique du cinéma. Louis Malle voyage alors pendant quatre ans à bord de la "Calypso" et se retrouve à 23 ans co-réalisateur du Monde du silence, qui obtint la Palme d'or au Festival de Cannes 1956.
Il est ensuite l'assistant de Robert Bresson, qu'il admire beaucoup, sur Un condamné à mort c'est échappé. Alain Cavalier lui fait lire Ascenceur pour l'échafaud qu'il propose à un producteur. Ce premier film retient l'attention de la critique et lui permet d'obtenir le prix Louis Delluc. Suivront Les amants (Prix spécial du jury au festival de Venise 1958) et Zazie dans le métro deux films qui ne satisfont pas entièrement son auteur. De ses envies perpétuelles de changer de lieu et d'habitude naîtront Vive le tour un reportage sur le Tour de France. Viva Maria et Bons baisers de Bangkok, un reportage télévision pour " Cinq colonnes à la une".
Après Le voleur, Louis Malle se rend en Inde pour tourner un reportage en 16 mm pendant plusieurs mois. A son retour en France, en mai 1968, il se rend à Cannes pour y être juré. Mais le Festival est interrompu et Louis Malle rentre à Paris pour participer aux États Généraux du cinéma et élaborer un projet de reformes. Puis il se consacrera au montage de son film duquel naîtront Calcutta exploité en salles et L'Inde fantôme, une série de sept émissions TV. En 1970, il revient au cinéma de fiction avec Le souffle au coeur écrit en une semaine, puis à nouveau au documentaire avec Humain trop humain, un volet d'une série d'émissions de la BBC consacrée à la société industrielle tourné dans l'usine Citroën de Rennes et Place de la république en 1973. L'année suivante il choisit un inconnu, Pierre Blaise, pour interpréter Lacombe Lucien et change à nouveau de style avec Black moon. Ayant à deux reprises refusé des propositions américaines, dont l'une sur le musicien Jelly Roll Morton, Louis Malle part touner en 1977 l'histoire de ce mystérieux photographe de Storyville et de cette jeune enfant prostituée. La Petite fait partie de la sélection officielle du Festival de Cannes 1978 mais, comme beaucoup de films de son auteur, est l'objet de nombreuses controverses et malentendus. En 1980, il remporte le Lion d'or au Festival de Venise avec Atlantic city et épouse la comédienne Candice Bergen.
Lorsqu'il revient en France en 1987 c'est pour s'attacher au thème de l'occupation. Au revoir les enfants sera la consécration de sa carrière d'autrur. Dans un collège catholique sous l'occupation, un garçon issu de la bourgeoisie découvre qu'un de ses camarades est juif. Une amitié se construit entre les deux mais ne pourra pas empêcher une fin tragique. Suivront la comédie Milou en mai puis Fatale et enfin l'adaptation de la pièce d'Anton Tchekhov Vanya, 42e rue (1994).
Louis Malle décéde le 23 Novembre 1995.
FILMOGRAPHIE :
1956Le monde du silence
Film co-réalisé avec Jacques-Yves Cousteau, Le monde du silence, appartient bien davantage à l'explorateur qu'au cinéaste débutant.
  
1958Ascenceur pour l'échafaud 
Avec : Jeanne Moreau (Florence Carala), Maurice Ronet (Julien Tavernier), Georges Poujouly (Louis), Yori Bertin (Veronique). 1h32.
Julien Tavernier, un ancien d'Indochine, et sa maîtresse Florence ont décidé de tuer Simon Carala, mari gênant de Florence et puissant homme d'affaires dont Julien est le bras droit. Julien maquille habillement son crime en suicide, mais au moment où il va rejoindre sa maîtresse en voiture, il se souvient qu'il a oublié une. Il se précipite dans l'immeuble et se trouve bloqué dans l'ascenseur par le gardien qui, croyant les bureaux vides, vient de couper le courant...
  
1958Les amants
Avec : Jeanne Moreau (Jeanne Tournier), Jean-Marc Bory (Bernard Dubois-Lambert), Judith Magre (Maggy Thiebaut-Leroy). 1h28.
Jeanne, provinciale de trente ans, est mariée au directeur de journal Henri Tournier, homme autoritaire et caustique. Sa seule distraction est de monter chaque mois à Paris chez son amie Maggy dont la vie mondaine la fascine. Après bien des hésitations, elle prend pour amant Raoul, parfait gentleman et champion de polo....
  
1960Zazie dans le métro 
Avec : Catherine Demongeot (Zazie), Philippe Noiret (Oncle Gabriel), Hubert Deschamps (Turandot), Carla Marlier (Albertine). 1h29.
Zazie est venue passer quelques jours chez son oncle Gabriel qui gagne sa crôute grâce à ses numéros de travesti, au cabaret du coin. Déçue de ne pas pouvoir prendre le métro en grève, Zazie sème la zizanie sur le trottoir.
  
1962Vie privée
Avec : Brigitte Bardot (Jill), Marcello Mastroianni (Fabio), Nicolas Bataille (Edmond), Jacqueline Doyen (Juliette), Eleonore Hirt (Cecile), Ursula Kubler (Carla). 1h43.
Jill vit avec sa mère dans une vaste propriété, au bord du lac de Genève. Elle suit des cours de danse avec son amie Carla qui est mariée à Fabio, un intellectuel italien, et décide de suivre l'animateur du groupe qui doit se rendre à Paris. Après s'être séparé de Dick, elle devient modèle pour un magazine de mode puis s'oriente vers le cinéma qui lui permet instantanément de devenir une star. La vie de Jill change du tout au tout. Elle est désormais traquée par les journalistes et ne peut plus avoir de vie privée. A la suite d'une première où elle est victime de la foule en délire, Jill fait une dépression nerveuse. Elle est soignée en clinique puis rejoint la Suisse pour y retrouver sa mère. En vain. Ses amis, Clara et Fabio, sont séparés. Jill devient la maîtresse de Fabio. Elle le rejoint à Spolète où il met en scène une pièce de Kleist mais, les journalistes, alertés par un photographe indiscret, la guettent. La discorde éclate dans le couple. Le soir de la première, Jill regarde la pièce du haut d'un toit. Un flash l'éblouit. Elle tombe...
  
1963Le feu follet 
Avec : Maurice Ronet (Alain Leroy), Bernard Noël (Dubourg), Jean-Paul Moulinot (Dr La Barbinais), Jeanne Moreau (Eva). 1h48.
Alain Leroy a quitté New York pour subir une cure de désintoxication alcoolique dans une clinique de Versailles. Sa femme, Dorothy, est restée aux États-Unis. Son traitement vient de s'achever. Il est guéri mais éprouve un profond dégoût face à la vie qui ne lui procure plus aucun des plaisirs d'antan. Il rencontre Lydia, une très jolie femme qui souhaite le sauver. Mais Alain ne peut l'écouter...
  
1965
Viva Maria !
Avec : Jeanne Moreau (Maria I), Brigitte Bardot (Maria II), George Hamilton (Florès), Gregor von Rezzori (Diogène), Paulette Dubost (Mme Diogène), Carlos López Moctezuma (Don Rodriguez). 2h00.
L'action se déroule dans un pays imaginaire des tropiques, la République de San Miguel, en 1907. A l'occasion de leur premier duo sur scène, deux jeunes femmes que le hasard (et quelques morts violentes) ont réunies au sein d'une troupe de music-hall ambulante, au début du XX' siècle, tirent parti d'un accident vestimentaire pour inventer le strip-tease. Tout irait bien pour elles (succès croissant, vie privée tumultueuse !) si, un jour, elles ne se trouvaient mêlées à une révolution paysanne conduite par un ardent jeune homme dont elles s'éprennent toutes deux, l'une passionnément, l'autre en secret. Les péripéties se succèdent : emprisonnement, confrontation avec un féodal lubrique, évasion, mort du jeune révolutionnaire. Alors Marie I (J. Moreau) fidèle au serment qu'elle avait fait à celui qu'elle aimait, soulève les paysans par son éloquence. Mais ignorant tout de l'art de la guerre, elle se trouve aussitôt exposée à un très grave péril. Oubliant une dispute qui s'était élevée entre elles, Marie II (B. Bardot) tire glorieusement son amie de ce mauvais pas. Par éducation, Marie Il est une spécialiste de la guérilla. Elles mèneront la révolution jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à la mort du tyran. Leur tâche terminée elles quitteront l'Amérique du Sud où elles connurent la gloire en tant que " Parisiennes" et la connaîtront à nouveau à Paris, en tant que "Sud Américaines".
  
1967Le voleur 
Avec : Jean-Paul Belmondo (Georges Randal), Geneviève Bujold (Charlotte), Marie Dubois (Genevieve Delpiels). 2h00.
Au coeur de la nuit, un homme s'introduit de force dans une maison inoccupée. Pièce après pièce, méthodiquement, il la visite, la fouille, la pille. En même temps, au gré des souvenirs, il raconte sa vie. Il s'appelle Georges Randal. D'excellente famille, il est devenu voleur pour se venger...
  
1968William Wilson
Episiode central des Histoires extraordinaires, film collectif coréalisé avec Roger vadim et Federico Fellini. Avec : Brigitte Bardot (Giuseppina), Alain Delon (William Wilson).
En Italie, au siècle dernier, William Wilson, jeune officier despotique et cruel, se confesse à un prêtre. Enfant, il torturait ses camarades d'école, étudiant il voulut faire l'autopsie d'une femme vivante, récemment il avait obtenu comme paiement de fouetter sa partenaire de jeu... Mais chaque fois son double, total contraire de lui-même, s'était interposé. William Wilson se suicidera après avoir poignardé son double.
  
1969
L'inde fantôme
 
Documentaire. 7 épisodes, 6h20. Narrateur : Louis Malle
  
1969Calcutta
 Documentaire. 1h45. Narrateur : Louis Malle
  
1971Le souffle au coeur
Avec : Lea Massari (Clara Chevalier), Benoît Ferreux (Laurent), Daniel Gélin (le père), Michael Lonsdale (Père Henri). 1h58.
1954. Laurent Chevalier, âgé de quinze ans, est le plus jeune fils d'un gynécologue de Dijon. Son père, jaloux de ses prérogatives de grand bourgeois, porte plus d'intérêt à son métier qu'à ses fils. Aussi Laurent éprouve-t-il de la passion pour sa mère Clara, une italienne de trente-cinq ans, très libre de manières et de sentiments, qui s'ennuie avec son mari....
  
1974
Humain trop humain
 
Documentaire. 1h15.
  
1974Place de la république
 Documentaire. 1h34.
  
1974Lacombe Lucien 
Avec : Pierre Blaise (Lucien Lacombe), Aurore Clément (France Horn), Holger Löwenadler (Albert Horn, le tailleur), Thérèse Giehse (Bella Horn), Stéphane Bouy (Jean-Bernard), Loumi Iacobesco (Betty Beaulieu), René Bouloc (Faure), Pierre Decazes (Aubert), Jean Rougerie (Tonin, le chef de Police). 2h15.
Juin 1944, peu après le débarquement allié en Normandie Lucien, jeune paysan de dix-sept ans, quitte l'hospice d'une petite ville du Sud-Ouestt où il est employé aux basses besognes, pour passer quelques jours dans son village Mais il retrouve la ferme de ses parents occupée par d'autres : son père étant prisonnier en Allemagne, sa mère est devenue la maîtresse du Maire Il est reçu plus que froidement Lucien décide de rejoindre la Résistance, mais l'instituteur, chef du maquis, ne croit pas qu'un bon chasseur de lapins suffise à faire un résistant À la fin de son congé, Lucien regagne l'hospice La crevaison d'un pneu de bicyclette, son arrivée en ville en pleine nuit le font échouer dans un hôtel réquisitionné par un groupe de français au service de la police allemande Lucien est pris dans un engrenage Il accepte de "travailler" avec ses nouveaux amis tout en ne comprenant pas grand chose aux questions idéologiques Il fait la connaissance d'un tailleur israélite, Albert Horn, qui se cache avec sa mère et sa fille, France, âgée de vingt ans Lucien fait la cour à France La puissance toute neuve de Lucien l'amuse plus qu'elle ne l'effraie; il s'installe chez les Horn et, chaque matin, regagne les locaux de la Gestapo France croit que Lucien peut leur obtenir le moyen de passer en Espagne Les événements se précipitent : Albert Horn se fait arrêter Le maquis attaque le siège de la Gestapo Lucien, l'un des seuls rescapés du groupe, participe aux représailles; il abat l'officier allemand chargé d'arrêter France et sa grand-mère et fuit avec celles-ci Quelques semaines plus tard, Lucien est arrêté, jugé et fusillé par les résistants.
  
1975
Black moon
Avec : Cathryn Harrison (Lily), Thérèse Giehse (la vieille dame), Joe Dallesandro (le frère) et Alexandra Stewart (la soeur). 1h36.
La campagne, la nuit. Bruits de mitraille, d'explosions; lueurs d'incendie. Une voiture : au volant, une jeune fille. Sur la route, un barrage : des soldats - des hommes - exécutent leurs prisonniers - des femmes. L'automobiliste s'enfuit. Elle a abandonné son véhicule et court, écrasant des fleurs qui gémissent. Des serpents, un pendu, des moutons, des cadavres, un mille-pattes noir, une licorne ralentissent sa course folle. Une ferme : dans la cour, des enfants nus poursuivent une énorme truie. A l'intérieur, la fille découvre une vieille femme, couchée, qui converse avec un rat et parle au micro d'une radio portative. La vieille tente d'étrangler la visiteuse, mais c'est elle qui succombe dans la lutte. Affolée, la fille avertit un homme qui chante dans le jardin; elle lui dit s'appeler Lily et il lui fait comprendre, par pressions des doigts sur le visage, qu'il est le frère de la cavalière qui vient d'arriver sur un cheval noir. Tous trois vont au chevet de la vieille, bien vivante, à qui la soeur donne le sein., Lily, qui perd sa culotte à plusieurs reprises, va de surprise en surprise : un serpent dans un tiroir, du fromage couvert d'insectes, et la licorne qui énonce, sentencieuse : "Vous êtes une petite emmerdeuse !" Des poules picorent les yeux d'un cadavre; Lily, épouvantée, tente de fuir. Les enfants nus l'attaquent, les fleurs se plaignent... Plus tard, apaisée, elle donne le sein à la vieille, la berce puis, au piano, joue pour les enfants tandis que le frère et la soeur se maquillent en Indiens, à l'image d'un tableau sur le mur, avant de se jeter l'un contre l'autre, lui armé d'un sabre, elle d'un couteau. Un aigle vole dans la pièce, le frère le décapite et retourne à son combat fratricide alors que redoublent canonnade et explosions. Lily se couche à la place de la vieille, s'endort. A l'aube, dindons et moutons se rassemblent devant la ferme. La jeune fille découvre la licorne au pied du lit et se prépare à lui donner le sein...
  
1978
(Pretty Baby). Avec : Brooke Shields (Violet), Keith Carradine (Bellocq), Susan Sarandon (Hattie), Frances Faye (Nell). 1h52.
1917, Storyville, à la Nouvelle-Orléans. Violet a dix ans. Enfant naturelle d'une prostituée, elle vécut toute son enfance dans l'ambiance très familiale d'un bordel de luxe entre Mme Nell, la patronne, les musiciens et les clients. Un matin, un jeune photographe, E. J. Bellocq, demande l'autorisation de photographier ses sujets favoris : les femmes vouées à la prostitution. Après quelques réticences, la maison l'adopte...
  
1980Atlantic city
Avec : Burt Lancaster (Lou Pascal), Susan Sarandon (Sally Matthews), Kate Reid (Grace Pinza), Michel Piccoli (Joseph), Hollis McLaren (Chrissie), Robert Joy (Dave Matthews), Al Waxman (Alfie), Robert Goulet (le chanteur à l'hôpital), Moses Znaimer (Félix), Angus MacInnes (Vinnie). 1h44.
Les casinos rouvrant leurs portes, Atlantic City renaît. Ce qui ne satisfait pas Lou, un petit bookmaker d'une soixantaine d'années qui prétend avoir été un truand de grande envergure et qui se sent menacé par la législation du jeu. Un jour, Lou fait la connaissance de Dave - le mari de Sally - sa voisine de palier qui est revenu à AtlanticCity pour écouler de la cocaïne volée à Philadelphie. Flattant la vanité de Lou, Dave utilise son appartement pour cacher la drogue et en fait son intermédiaire. Mais Dave est tué par les trafiquants qui cherchent à récupérer la drogue, désormais entre les mains de Lou. Celuici a trouvé des clients et commence à être fort satisfait de sa nouvelle image; il s'habille de neuf et propose aide et assistance à Sally qu'il a toujours désirée. Touchée par l'attention que lui porte cet homme, élégant et portant beau, la jeune femme se donne à lui. Mais quand elle se fait attaquer par des truands, Lou n'ose pas intervenir et Sally est renvoyée du casino où elle travaille comme barmaid... Bientôt, elle apprend qu'elle a été dupée par Lou et lui réclame son dû alors qu'il s'apprête à quitter la ville. Soudain surgissent les truands décidés à trouver la cocaïne. Cette fois, Lou, qui s'était armé d'un revolver pour le voyage, réagit et abat les deux hommes. Surpris de son propre courage, Lou décide d'emmener Sally en Floride. Mais le rêve de Sally est ailleurs, à Monte-Carlo, où elle espère devenir croupier. Après avoir passé la nuit avec Lou dans un motel, Sally s'enfuit en emportant la quasi-totalité des gains de la vente de la cocaïne. Lou qui l'a vu prendre l'argent la laisse partir, puis retourne à Atlantic City auprès de Grace, sa voisine du dessous, une sexagénaire arthritique qui joue des restes de sa beauté démodée pour se faire dorloter et à laquelle il sert d'amant et de garçon de course. Comme il reste encore à Lou un peu de cocaïne à écouler, ils pourront s'offrir un peu de bon temps...
  
1981My dinner with Andre 
Avec : Wallace Shawn (Wally), Andre Gregory (Andre), Jean Lenauer (un serveur), Roy Butler (un barman). 1h50.
Dans un restaurant new-yorkais, un auteur dramatique n'ayant jamais connu de succès, Wally, rencontre Andre Gregory, un grand metteur en scène. Wally revient de Pologne où il a vécu une expérience mystique et avoue à André que la vie à New York lui parait denuée d'intérêt. André tente de le convaincre qu'il peut y trouver le bonheur.
  
1983Crackers - Effraction avec préméditation
 
(Crackers). Avec : Donald Sutherland (Weslake), Jack Warden (Garvey), Sean Penn (Dillard), Wallace Shawn (Turtle), Larry Riley (Boardwalk), Trinidad Silva (Ramon). 1h30.
Mission District quartier d'immigrés de San Francisco. Malgré le chômage, l'exploitation et l'endettement qui obligent les humbles qui y résident à de multiples combines à la limite de la délinquance, toute la population a le sentiment de former une communauté solidaire. Tous se connaissent et se parlent Weslake est un entrepreneur au chômage, accompagné de Turde, personnage à l'esprit obtus et toujours affamé, il décide de cambrioler le coffre-fort de Garvey, le prêteur sur gages qui les exploite. La bande se compose de Dillard, jeune chômeur qui vient justement de laisser "au clou" sa guitare, de son copain Ramon, un clandestin mexicain au sang chaud, et de Boardwalk, maquereau noir de petite envergure, qui se retrouve chargé de famille après avoir été plaqué par son amie. Maria, la soeur de Ramon, et Maxine, femme policier toujours à la recherche de l'homme de sa vie, se joignent au groupe. L'occasion se présente lorsque Garvey, qui doit aller rendre visite à sa vieille mère âgée de 90 ans, charge Dillard de confectionner un système d'alarme contre les cambrioleurs éventuels. La totale incapacité des membres de la bande ne tarde pas à se manifester, provoquant des catastrophes en chaîne : ils sont d'abord pris au piège sur une verrière, avant de faire s'écrouler les murs d'un bâtiment voisin en essayant d'ouvrir le coffre. Enfin, ils touchent au but mais Garvey revient plus tôt que prévu et l'alarme de Dillard s'est malencontreusement déclenchée, alertant la police. Garvey n'est pas dupe -, pourtant, il ne porte pas plainte, car il sait très bien que "ses" cambrioleurs sont aussi ses seuls amis.
  
1985Alamo bay
Avec : Amy Madigan (Glory), Ed Harris (Shang), Ho Nguyen (Dinh), Donald Moffat (Wally), Truyen V. Tran (Ben), Rudy Young (Skinner). 1h38.
Alamo Bay est un petit port du Texas, peuplé essentiellement de pêcheurs qui, par leur activité, survivent tant bien que mal à la crise. Parmi eux, Shang et sa famille; Wally qui, avec sa petite entreprise, se charge d'expédier le poisson vers différentes destinations, et dont la fille Glory vient de revenir au foyer pour l'aider dans son travail. Glory est aussi l'ancienne petite amie de Shang, aujourd'hui marié et père de famille. C'est là que débarquent le jeune Dinh et des dizaines d'autres réfugiés vietnamiens, qui ont fui leur pays depuis que le Sud-Vietnam a été réunifié avec le Nord, sous régime communiste. En fait, l'arrivée de ces Vietnamiens va provoquer de sérieux accrochages avec les pêcheurs texans, qui s'estiment déjà suffisamment démunis pour ne pas avoir à supporter, en plus, la concurrence de ces nouveaux pêcheurs d'origine asiatique. Entre les deux communautés, la tension monte progressivement, et Shang reproche même à Glory et à son père de favoriser les Vietnamiens au détriment des Américains du cru. Puis, la situation va franchement dégénérer à la suite d'un certain nombre d'événements : Shang se voit refuser par sa banque tout crédit supplémentaire, et son bateau est saisi; Glory lui dit qu'elle pourra peut-être l'aider grâce à de l'argent qu'elle avait prêté à son père; mais ce dernier est dans l'incapacité de rendre tout de suite ces sommes à Glory; Shang, poussé à bout, va faire appel au Ku-Klux-Klan pour menacer et chasser les Vietnamiens. Le climat de violence est désormais irréversible : Shang et Dinh s'affrontent directement; Shang tue le jeune Vietnamien, et est tué à son tour par Glory, qui avait voulu venir en aide à Dinh. Lorsque la police arrive sur les lieux, Glory a tout perdu...
  
1987Au revoir les enfants 
Avec : Gaspard Manesse (Julien Quentin), Raphael Fejtö (Jean Bonnet), Francine Racette (la mère de Julien). 1h44.
La France de l'Occupation, hiver 1943-44. C'est la rentrée du second trimestre au collège Sainte-Croix, dans la banlieue parisienne. Julien Quentin et les autres pensionnaires reprennent, en rang, dans la neige, le chemin de l'école. Une rentrée presque comme les autres... jusqu'à ce que le père Jean vienne présenter trois nouveaux élèves. L'un d'entre eux, le jeune Bonnet, est le voisin de dortoir de Julien.
  
1990
Milou en mai
Avec : Miou-Miou (Camille), Michel Piccoli (Milou), Michel Duchaussoy (Georges), Bruno Carette (Grimaldi), Paulette Dubost (Mme Vieuzac), Harriet Walter (Lily). 1h48.
Mai 1968. Madame Vieuzac meurt dans sa grande maison du Gers. Convoqués par son fils Emile, dit Milou, la soixantaine indolente, arrivent les autres membres de la famille. D'abord Camille, fille unique de Milou, qui, en l'absence de son mari, reparti aussitôt retrouve celui qui fut son amant : Daniel, ami et notaire des Vieuzac. Puis Claire, fille de la soeur décédée de Milou, et Georges, frère de ce dernier, accompagné de son épouse Lily, connue à Londres où il est correspondant du "Monde ", Déjà il est question du partage, non sans mesquineries ni disputes, Milou, qui n'a pratiquement vécu que dans cette maison, s'émeut du projet de vente -auquel il ne peut légalement s'opposer - de ses co-héritiers Georges et Claire. Tous trois prennent connaissance des dernières volontés de madame Vieuzac, lues par Daniel : un quart de la propriété revient à Adèle fidèle gouvernante et maîtresse de Milou. Venant d'écouter avec attention à la radio un discours du général de Gaulle, sur qui il a l'intention d'écrire un livre, Georges voit arriver son propre fils Pierre-Alain, exalté par les événements qu'il vient de vivre à Paris et porteur de contestation au sein de cette famille bourgeoise. Pierre-Alain a fini son voyage en auto-stop avec Grimaldi, marchand de primeurs privé de marché. Facétieux et d'une bonhomie non conformiste, celui-ci s'intègre vite au groupe et entre de connivence dans le jeu-défi de Claire, troublée par le flirt sérieux de Marie-Laure, sa compagne d'amours saphiques, et de Pierre-Alain. Mors qu'il est question d'enterrer l'aïeule dans le jardin, les pompes funèbres étant en grève, tous se retrouvent autour d'un grand pique-nique avant d'être alarmés par Boutelleau, gros industriel du lieu qui a failli être séquestré par ses ouvriers. Paniqués, tous fuient dans les bois en un véritable exode paranoïaque au cours duquel Claire et Camille se disputent violemment la propriété des bijoux. Adèle les retrouve, avec des nouvelles rassurantes. Ils reviennent. Après l'enterrement, chacun repart, laissant Milou seul avec ses souvenirs.
  
1992Fatale
(Damage). Avec : Jeremy Irons (Stephen Fleming), Juliette Binoche (Anna Barton), Miranda Richardson (Ingrid Fleming), Rupert Graves (Martyn Fleming), Ian Bannen (Edward Lloyd), Peter Stormare (Peter Wetzler). 1h46.
Brillant député conservateur, Stephen Fleming est nommé Secrétaire d'Etat. La cinquantaine, encore séduisant, ce Britannique mène une carrière exemplaire. Avec Ingrid, son épouse depuis 25 ans, femme d'intérieur idéale, ils forment un couple harmonieux. Leur fils, Martyn, est, lui aussi, promis à un bel avenir en tant que journaliste politique, tandis que Sally, la cadette, est une adolescente à l'esprit vif. Martyn vient de rencontrer la femme de sa vie, en la personne de la jeune et belle Anna Barton. Il informe ses parents de son intention de l'épouser. Au cours d'une réception à l'Ambassade de France, Stephen Fleming fait la connaissance d'Anna. Une attirance physique réciproque naît de cette rencontre. Anna devient rapidement la maîtresse de Stephen, mais Martyn annonce officiellement son mariage avec la jeune femme, à la grande surprise de Stephen. Les deux amants maintiennent leur liaison. Anna veut épouser Martyn tout en continuant à voir Stephen, comme pour exorciser un passé sentimental dramatique. L'honorable haut-fonctionnaire tente d'assumer cette situation de plus en plus délicate. Sally, elle, se doute de quelque chose. Prisonnier de cette passion, Stephen, par ailleurs pressenti pour un portefeuille ministériel, met sa vie professionnelle et familiale en danger. Elizabeth, la mère d'Anna, devine ses sentiments à l'égard de sa fille : elle le met en garde contre les conséquences tragiques qu'un nouvel échec aurait pour Anna, Martyn, et lui-même. Pendant un court laps de temps, Stephen et Anna espacent leurs rendez-vous; mais leur amour est le plus fort. Il vient la rejoindre à son nouveau domicile. Malencontreusement mis au courant de l'existence de cette adresse, Martyn s'y rend. Il découvre Anna et son père enlacés. Stupéfait, Martyn tombe à la renverse par-dessus la rampe d'escalier et se tue. Dans sa douleur, Ingrid Fleming ne cesse de réclamer son fils. Brisé, Stephen part vivre dans un pays du Sud. Au mur de son appartement, la photo, plusieurs fois agrandie, où il apparaît en compagnie d'Anna et de Martyn.
  
1994Vanya, 42e rue
(Vanya on 42nd Street). Avec : Phoebe Brand (une nounou), Lynn Cohen (Maman), George Gaynes (Serybryakov), Jerry Mayer (Waffles), Julianne Moore (Yelena), Larry Pine (Dr. Astrov). 1h55.
À New York, dans un théâtre désaffecté et délabré, non loin du brouhaha de la 42e Rue, des acteurs vont donner une répétition filée de «Oncle Vania», devant quelques spectateurs, amis du metteur en scène. Ils portent leurs costumes de tous les jours. Une vieille femme tricote : c'est Phoebe, ou plutôt la nourrice, car la pièce a commencé et l'illusion théâtrale nous transporte dans la chaleur de l'été russe, au siècle dernier. Vanya et sa nièce Sonia dirigent une propriété familiale où ils vivent un peu en reclus, ressassant leurs désillusions. De temps en temps, Astrov, médecin de campagne et défenseur de la forêt, leur rend visite. Actuellement, ils reçoivent leur parent Sérébriakov, à qui Vanya et Sonia ont sacrifié leur argent et leurs ambitions pour qu'il réussisse. Beau-frère de l'un et père de l'autre, c'est un être fat et égoïste, venu de la ville où il se dit professeur, avec sa nouvelle épouse, la belle Elena, dont la présence trouble tout le monde : Vanya et le docteur deviennent tous deux amoureux d'elle, sans retour; même Sonia, qui se trouve laide, aime le docteur secrètement et s'en confie à sa jeune belle-mère. Des tensions affleurent et une crise éclate : le docteur ne peut s'empêcher de dire son amour à Elena et l'embrasse, Vanya se révolte contre Sérébriakov, des coups de feu sont même tirés au cours d'une violente dispute. Les visiteurs quittent la maison après un semblant de réconciliation générale. Sonia, restée seule avec son oncle, prône la résignation, la patience et le pardon et la pièce s'achève là, tandis qu'un air de jazz typiquement new-yorkais, comme issu de la rue toute proche, accompagne le générique final.
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De 3 ori ALAIN RESNAIS (1922-2014)








Alain Resnais (1922-2014)

1.Toute la mémoire du monde est un documentaire et court métrage (21 minutes) d'Alain Resnais sorti en 1956. Sujet:l'organisation au sein de la Bibliothèque Nationale, “mémoire du monde”
2.Nuit et Brouillard est un documentaire français (32 minutes) réalisé par Alain Resnais, sorti en 1956. Il traite de la déportation et des camps d'extermination nazis de la Seconde Guerre mondiale, en application des dispositions dites « Nuit et brouillard » (décret du 7 décembre 1941). Le texte, écrit par Jean Cayrol, est dit par Michel Bouquet d'une voix blanche et sans affect.
3.L'Année dernière à Marienbad est un film en noir et blanc réalisé par Alain Resnais et sorti en 1961. Le scénario et le découpage sont d'Alain Robbe-Grillet, lui-même inspiré du roman fantastique L’Invention de Morel de l'écrivain argentin Adolfo Bioy Casares. Actori: Delphine Seyrig, Giorgio Albertazzi, Sacha Pitoëff
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https://www.cineclubdecaen.com/materiel/ctfilms.htm
(1922-2014)
20 films
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histoire du cinéma : Cinéma mental
I - Mise en scène
Avec vingt longs-métrages entre 1959 et 2014, soit un peu moins d'un tous les deux ans, Alain Resnais est un cinéaste plutôt rare par rapport à ses contemporains de la Nouvelle vague. Il a connu deux périodes assez longues sans films : quatre ans entre I want to go home (1989) et Smoking no smoking (1993) et surtout six ans entre On connaît la chanson (1997) et Pas sur la bouche (2003).
On peut distinguer deux grandes parties dans son œuvre : la période 1959-1980 jusqu'à Mon oncle d'Amérique où dominent les grands sujets et les structures complexes, la littérature et la figure du labyrinthe et celle, de 1983 à 2014, à partir de La vie est un roman, plus axée sur l'intime, la relative simplicité de l'intrigue, le théâtre et la figure du diagramme.
Les cibles de Resnais seront alors moins les grandes machines totalitaires, les drames collectifs ou la science triomphante que le désenchantement du monde.
La première partie de son œuvre est dominée par sa collaboration avec de grands écrivains qui n'avaient alors jamais écrit pour le cinéma : Marguerite Duras écrit le scénario de Hiroshima mon amour, Alain Robbe-Grillet celui de L'année dernière à Marienbad, Jean Cayrol celui de Muriel après celui de Nuit et Brouillard, Jorge Semprún celui de La guerre est finie puis de Stavisky, Jacques Sternberg celui de Je t'aime, je t'aime alors que Mon oncle d'Amérique illustre les recherches d'Henri Laborit
C'est Jean Gruault auteur des scénarios de Mon oncle d'AmériqueLa vie est un roman et L'amour à mort qui opère la transition avec la deuxième période nettement dominée par le théâtre. Henri Bernstein sera en effet l'auteur de Mélo,(1986) Alan Ayckbourn celui de Smoking no smoking (1993) puis de Cœurs (2006) et de Aimer, boire et chanter (2014), Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui seront ceux de On connaît la chanson (1997), André Barde celui de Pas sur la bouche (2003) et Jean d'Anouilh celui de Vous n'avez encore rien vu (2012). Avec Les herbes folles (2009), Alain Resnais adapte pour la première fois un roman, celui de Christian Gailly L'incident, paru treize ans plus tôt.
Malgré cette dichotomie dans l'oeuvre, la problématique de chacun des films de Resnais pourrait se résumer ainsi : comment vivre aujourd'hui avec la mémoire d'un événement fort autrement qu'en devenant un fantôme du monde habité ?
Comme l'analyse Thierry Jousse, l'attrait irrésistible envers le modèle cérébral fait de Resnais un cinéaste de la composition plus que de l'intrigue et du développement. A la différence des auteurs comme Mankiewicz, Ford ou Eastwood qui interrogent la mémoire à partir d'une seule pointe de présent, le présent se déplace aussi sans cesse chez Resnais faisant de ses films un labyrinthe dans lequel errent ses personnages et ses spectateurs.
Le sujet le plus facilement identifiable du cinéma de Resnais est la mémoire. Mémoire des grands traumatismes du siècle : Guernica (1950), l'Afrique colonisée (Les statues meurent aussi, 1953) Auschwitz (Nuit et Brouillard, 1955), Hiroshima (Hiroshima mon amour, 1959) L'Algérie (Muriel ou le temps d'un retour, 1963), La guerre d'Espagne (La guerre est finie, 1966), Stavisky (1974) ; mais aussi des blessures plus intimes, Nevers (Hiroshima mon amour, 1959), Boulogne-sur-Mer (Muriel ou le temps d'un retour, 1963), Glasgow (Je t'aime, je t'aime ,1968), ou encore mémoire comme totalité borgésienne de la Bibliothèque nationale (Toute la mémoire du monde 1956), du palace de Marienbad (1961), de la maison de Providence (1977) ou du Laboratoire de Laborit (Mon oncle d'Amérique , 1980). Mémoire fragmenté que Resnais, tel un archéologue - c'est le métier de Pierre Arditi dans L'amour à mort (1984)- fait remonter à la surface.
Contre la reconstitution, Resnais confronte les lambeaux de cette mémoire avec la réalité d'aujourd'hui, espaces vides ou reconstruits qui ont recouvert les plaies et les gouffres. Cette mémoire au présent suppose l'oubli ; elle est trouée ; elle est fondée sur des vides et ces par ces interstices que l'image fait retour. Elle suppose une interrogation sur elle-même et une fragilité de son fonctionnement, comme dans Marienbad et, plus subtilement encore, dans Muriel, où l'on ne sait jamais exactement quelle est la version authentique des faits et où l'on doute toujours de la réalité des événements. Gilles Deleuze parle ainsi de "nappes de passé" pour distinguer les strates du temps et de la mémoire de la simple image souvenir.
Autant que la mémoire, la question des survivants et de leur existence dans un monde d'après la catastrophe est fondamentale chez Resnais. Aux fameuses et multiples interrogations sur comment écrire et comment filmer après Auschwitz, Resnais répond par un comment survivre qui n'est pas séparable d'une poétique de la ruine, plus mentale que physique. La plupart des personnages de Resnais sont des survivants passés par l'expérience de la mort, l'oubli pouvant être considéré comme une des formes possibles de la mort, et qui sont hantés par les traces à la fois obsédantes et effacées de leur passé. La voix qui lit les commentaires de Jean Cayrol dans Nuit et Brouillard et les corps des acteurs d'Hiroshima mon amour ont quelque chose de fantomatique, de même que les créatures étranges de Marienbad, qu'Alexandre Stavisky en spectre sur la scène du théâtre, que les personnages familiers et familiaux qui peuplent le cerveau de l'écrivain malade et alcoolique dans Providence, que les revenants du théâtre d'avant-guerre dans Mélo ou que les couples semblables et multiples dans Smoking No Smoking. De ce point de vue le film le plus explicite est évidemment l'amour à mort. La question du passage, de la limite entre la vie et la mort y est directement abordée. L'objet du film c'est cet outre-monde, ce pays des morts-vivants dans lequel se meut Pierre Arditi, lui qui meurt à la première séquence du film et ressuscite immédiatement avant de mourir une seconde fois aux deux-tiers du récit.
Ces histoires de revenants, sont dans la plupart des films de Resnais liés à une demeure hantée, machine à distribuer les souvenirs. C'est le rôle de la Bibliothèque Nationale dans Toute la mémoire du monde, celui de l'hôtel d'Hiroshima mon amour, du palace de Marienbad, de l'appartement dans Muriel, de la villa de banlieue de Mélo ou, bien sûr, de la maison cévenole de L'amour à mort. Ces histoires de revenants et de maisons hantées laissent à penser que Resnais est peut-être le plus grand cinéaste fantastique français. Le cinéma est pour lui l'art de faire revenir les fantômes, d'inventer un monde où les lois physiques ne sont plus seulement celles qui régissent la vie. Providence est le film le plus directement fantastique de Resnais, son titre même faisant référence à l'écrivain américain d'anticipation Lovecraft et à la ville de Providence dans laquelle il situe toutes ses histoires de cryptes et de morts-vivants La demeure hantée évoque chez Resnais le fonctionnement de la mémoire. Elle est un peu comme un cerveau, dont chaque pièce est reliée avec chacune des autres, à l'instar d'un cortex où synapses et neurones sont autant de ramification du Tout. Les excursions dans le cerveau, relève de la science-fiction pour Je t'aime, je t'aime, du fantastique dans Providence.
Cet attrait irrésistible envers le modèle cérébral fait de Resnais un cinéaste de la composition plus que de l'intrigue et du développement. Il ne s'agit pourtant pas pour lui de rompre avec le récit, mais bien au contraire d'en multiplier les modes et ainsi d'accroître les possibilités romanesques. La composition, au sens le plus musical du terme, permet à Resnais d'ouvrir le cinéma à la fragmentation, au multiple, à la polyphonie, à la virtualité et à la recomposition de ce matériau éclaté. Le spectateur est face à un ensemble d'affects, d'histoires de souvenirs, de pensées, de mots, de cops qui intègrent la multiplicité du monde, passé/présent, physique/mental, langage/musique. Il s'agit de recomposer cet ensemble à la manière d'un puzzle qui donne à voir la complexité de l'homme moderne et de son histoire. Autant que de composition, on peut parler de mise en réseau des récits et des sentiments dont le metteur en scène est un architecte et le spectateur une sorte d'opérateur qui peut cliquer sur les différents possibles de ce labyrinthe narratif.
Resnais a d'abord envisagé la version totalitaire de la programmation et son horreur pure -Les camps, la bombe atomique- avant de lancer lui même des hypothèses en résonance avec la science contemporaine, ses principes d'incertitude et ses sous-ensembles flous, qui introduisent l'aléatoire dans la machine. Ainsi le hasard source d'angoisse dans Marienbad et surtout dans Muriel, devient ensuite dans Je t'aime, je t'aime, Mon oncle d'Amérique ou Smoking/no smoking, la source et le principe d'une nouvelle liberté pour l'homme contemporain ; au labyrinthe c'est substitué le diagramme.
Thierry Jousse conclut son analyse en se demandant si "la mélodie secrète, cette part de la réalité qui nous échappe et qui nous hante, qu'on pressent chez Stavisky, n'est-elle pas en dernière instance le véritable objet de la quête d'Alain Resnais ? Ses dispositifs, parfois très proches des mathématiques, n'ont-ils pas pour fonction de capturer cette mélodie secrète, bien plus profonde que les apparences de la profondeur ?"

II - Biographie
Issu d'une famille lettrée, Alain Resnais se passionne très tôt pour toutes les formes d'art, de la photographie à la littérature, influences qui marqueront durablement son œuvre. A 12 ans, le jeune cinéphile qu'il est se voit offrir pour Noël, par son père, sa première caméra Kodak, avec laquelle il tourne quelques films en super 8 dont un "Fantomas".
Il désire d’abord être acteur et déménage à Paris en 1939. Il devient l’assistant de Georges Pitoëff au théâtre des Mathurins, fréquente le Cours Simon et obtient un petit rôle dans Les Visiteurs du soir. Puis il passe le tout nouveau concours de l’Idhec où il est admis dans la première promotion, en 1943, dans la section montage. En 1946, en Allemagne, il participe au Théâtre aux Armées sous la direction d’André Voisin. La même année, il est assistant-réalisateur et monteur sur le long métrage documentaire Paris 1900.
Après-guerre, il réalise une série de films d'art très remarqués : Van Gogh (1948), Guernica (1950), Paul Gauguin (1950). Contemporain de la Nouvelle Vague, il est plus proche d'un groupe "Rive gauche" engagé dont font partie Chris Marker, avec qui il co-signe Les statues meurent aussi (Prix Jean Vigo 1954), et Agnès Varda - il monte La Pointe courte, premier long métrage de la réalisatrice en 1954-55. La même année, il obtient le Prix Jean-Vigo, pour Nuit et Brouillard, documentaire qui deviendra un film de référence sur la déportation.
Sorti en 1959, quelques semaines après Les 400 coupsHiroshima mon amour, le premier long métrage d'Alain Resnais, s'impose comme une autre œuvre charnière du cinéma français, à la fois par l'audace de son sujet (les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale évoqués à travers une histoire d'amour) et la modernité de la narration. Versé sur un style relativement expérimental, Resnais n'en oublie pas de diffuser un message pour autant : la mémoire restera ainsi un des thèmes fétiches du cinéaste, comme en témoignent ses deux films suivants avec Delphine Seyrig, L'année dernière à Marienbad (Lion d'Or à Venise en 1961), puis Muriel (1964), sur les fantômes de la Guerre d'Algérie, ou plus tard Providence (1977). Loin de ne se soucier que de la forme, il se montre également très engagé : il fait ainsi de Montand un militant anti-franquiste dans La guerre est finie (Prix Louis-Delluc 1966), prend part au film collectif Loin du Vietnam, et au manifeste utopique L'An 01.
En dépit de son image de cinéaste intellectuel, il offre à Belmondo le rôle de l'escroc Stavisky en 1974, est nourri de culture populaire : s'essayant à la SF (Je t'aime, je t'aime, 1968), il revisite le théâtre de boulevard (Mélo, 1986), s'intéresse à la BD (I Want to Go Home), donne à la variété ses lettres de noblesse (On connait la chanson, son plus gros succès en 1997) et signe une opérette (Pas sur la bouche). Film-puzzle rythmé par les interventions d'Henri Laborit, Mon Oncle d'Amérique (primé à Cannes en 1980) illustre à merveille le caractère à la fois ludique et cérébral de son cinéma, tourné vers des horizons aussi éclectiques que variés.
A partir des années 80, Resnais fait appel à un trio d'acteurs virtuoses auxquels il offre, au fil des ans, des partitions subtiles et variées : André Dussollier, Pierre Arditi et bien sûr sa muse Sabine Azéma, qui ont chacun remporté au moins un César dans la cadre de leur collaboration avec le cinéaste. L'amour de Resnais pour ses comédiens éclate dans Smoking-No Smoking, Arditi et Azéma interprétant à eux seuls les onze personnages de ce diptyque, César du Meilleur film en 1993.
Alain Resnais et sa compagne Sabine Azéma se sont rendus à plusieurs reprises dans la station balnéaire de Scarborough en Angleterre, où Alan Ayckbourn jouait ses pièces aux décors entièrement pensés par le public. C’est dans ce comté du Yorkshire que les deux hommes se sont rencontrés, et qu’Alain Resnais a proposé au dramaturge d’adapter Smoking-No Smoking. Depuis le cinéaste confie n'avoir jamais rompu son serment : "Si je trouve un producteur prêt à financer le film, je ne vous préviendrai pas, je ne vous téléphonerai pas, je ne vous convierai pas à lire l’adaptation, je ne vous inviterai pas à dîner. Vous ne saurez rien de moi avant que le film soit fini et que je puisse vous le montrer. À ce moment seulement vous pourrez décider si vous en acceptez la paternité".
Côté scénaristes, si, à ses débuts, ses collaborateurs avaient pour nom Duras ou Robbe-Grillet, figures de proue du nouveau roman, le maître respecté, lauréat d'un Ours d'or d'honneur à Berlin en 1998, jadis très marqué par la littérature ardue, s'entoure à présent d'auteurs plus grand public, tels le couple Bacri -Jaoui dans les années 90, puis Jean-Michel Ribes pour Coeurs, Prix de la Mise en scène à Venise en 2006. Plus abordables et moins hermétiques, ses films prennent alors une direction moins abstraite. Trois ans plus tard, à l'occasion de la présentation des Herbes folles (sa toute première adaptation de roman), Alain Resnais reçoit à Cannes un Prix exceptionnel pour l'ensemble de son œuvre. Loin de tirer sa révérence, il continue d'exercer sa passion avec ses acteurs fétiches de toujours, et nous réserve encore de nombreuses surprises avec Vous n'avez encore rien vu.
Alain Resnais disparaît le 1er mars 2014, à l'âge de 91 ans, soit vingt-cinq jours avant la sortie en salles de son dix-neuvième et dernier long-métrage, Aimer, boire et chanter. Adapté de la pièce de théâtre "The Life of Riley" du dramaturge britannique Alan Ayckbourn, il avait reçu en février le prix Alfred Bauer - qui récompense un film ouvrant de nouvelles perspectives - au Festival de Berlin. Compagne à la ville comme à la scène d'Alain Resnais, Sabine Azéma joue ici pour la dixième fois sous sa direction, depuis La Vie est un roman (1983).
Jean-Luc Lacuve, le 8 juillet 2014.
III - Bibliographie.
  • Thierry JOUSSE : Alain Resnais compositeur de films, ed. Mille et une nuits, 1997
  • Gilles DELEUZE, L'image temps, éditions de minuit, collection critique, 1985
  • Gaston BOUNOURE, "Alain Resnais", ed. Seghers, coll cinéma d'aujourd'hui, 1974
  • BENAYOUN, "Resnais arpenteur de l'imaginaire" - Etudes cinématographiques, n°64-68 et 100-103 (Robbe Grillet)
  • Cinéma 80, n° spécial juillet-Aout 1980 – '"Hiroshima mon amour", 1959
  • Avant-scène cinéma n°61-62 – "Providence", 1977, Avant-scène Cinéma n°195.
IV - Filmographie :
Courts et moyens métrages :
L’aventure de Guy (1936), Schéma d'une identification (1946), Ouvert pour cause d'inventaire (1946), Visite à Oscar Dominguez (1947), Visite à Lucien Coutaud (1947,) Visite à Hans Hartnung (1947), Visite à Félix Labisse (1947), Visite à César Doméla (1947), Portrait d'Henri Goetz (1947), Le Lait Nestlé (1947), Journée naturelle (1947), La bague (1947), L’alcool tue (1947), Van Gogh (1948), Malfray (1948), Les jardins de Paris (1948), Châteaux de France (1948), Guernica (1950), Paul Gauguin (1950), Pictura (1952), Les statues meurent aussi (1953), Nuit et Brouillard (, 1955), Toute la mémoire du monde (1956), Le mystère de l'atelier quinze (1957), Le chant du Styrène (1958), Gershwin (1992).
Longs-métrages :
1959Hiroshima mon amour 
Avec : Emmanuelle Riva (Elle), Eiji Okada (Lui), Stella Dassas (Mère), Pierre Barbaud (Père), Bernard Fresson (Amant allemand). 1h31. NB
En août 1957, à Hiroshima. Dans la pénombre d'une chambre un couple nu, enlacé. Elle, une Française d'une trentaine d'années venue à Hiroshima pour jouer dans un film sur la paix. Lui un Japonais. Elle lui parle d'Hiroshima mais il ne cesse de lui répéter " tu n'as rien vu à Hiroshima"...
  
1961L'année dernière à Marienbad 
Avec : Delphine Seyrig (A), Giorgio Albertazzi (X), Sascha Pitoëff (M), Françoise Bertin, Luce Garcia-Ville. 1h35.
Une longue exploration de couloirs somptueux, au cours de laquelle on n'entend que des lambeaux de phrases, précède le spectacle d'une représentation théâtrale donnée à l'issue d'une soirée mondaine. Un inconnu à l'accent italien regarde constamment une jeune femme brune, avant qu'un jeu de société ne l'oppose à un homme au visage maigre apparemment invincible. L'inconnu essaye de persuader la femme qu'ils se sont déjà rencontrés et que des liens amoureux existent entre eux...
  
1963Muriel ou le temps d'un retour 
Avec : Delphine Seyrig (Hélène), Jean-Pierre Kérien (Alphonse), Nita Klein (Françoise), Jean-Baptiste Thierrée (Bernard). 1h55.
Le mois de novembre 1962 à Boulogne-sur-Mer. Une veuve, jeune encore, Hélène Aughain exerce avec l'aide de son beau-fils Bernard, la profession d'antiquaire. Son amant, de Smoke, s'occupe d'une entreprise de démolition. Bernard essaie de trouver auprès de son amie Marie-Dominique un peu d'apaisement aux souvenirs atroces que lui a laissés la guerre d'Algérie..
  
1966La guerre est finie 
Avec : Yves Montand (Diego), Ingrid Thulin (Marianne), Geneviève Bujold (Nadine), Dominique Rozan (Jude). 2h01.
Diégo, qui se fait parfois appeler Carlos, Domingo, voire René Sallanches lorsque celui-ci lui prête son passeport pour passer la frontière d'Espagne, est un cadre permanent du Parti Communiste Espagnol en exil à Paris depuis l'accession du Général Franco au pouvoir. Sa dernière mission clandestine outre Pyrénées a été périlleuse et il en revient sceptique sur les perspectives de la lutte anti-franquiste...
 
1967Loin du Vietnam
Episode de Loin du Vietnam, film en onze segments de Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Chris Marker, Alain Resnais, Agnès Varda, Jean-Luc Godard montrant leur sympathie pour l'armée nord-vietnamienne lors de la guerre du Viet-Nâm.
  
1968Je t'aime, je t'aime 
Avec : Claude Rich (Claude Ridder), Olga Georges-Picot (Catrine), Anouk Ferjac (Wiana), Van Doude (Le patron du centre). 1h31.
Dans une clinique, Claude Ridder se débat entre la vie et la mort à la suite d'une tentative de suicide. Un mystérieux personnage s'intéresse à son cas. Dès sa sortie de clinique, on lui propose d'aller dans un centre de recherches afin de devenir le sujet d'une expérience sans précédent que les savants s'apprêtent à réaliser dans le plus grand secret : un voyage dans le temps d'une durée de une minute.
  
1974Stavisky 
Avec : Jean-Paul Belmondo (Serge Alexandre / Stavisky), François Périer (Albert Borelli), Anny Duperey (Arlette). 1h55.
Lundi 24 juillet 1933. Trotsky, révolutionnaire bolchevique, fait une discrète arrivée à Cassis : il vient d'obtenir l'asile politique en France. À Paris, commence pour Serge-Alexandre, homme d'affaires joueur et séducteur, une semaine comme les autres, entièrement vouée à l'argent. ..
  
1977Providence 
Avec : John Gielgud (Clive Langham), Dirk Bogarde (Claude), Ellen Burstyn (Sonia), David Warner (Kevin). 1h40.
Les chemins tortueux de la création. L'histoire se passe dans l'imagination de Clive Langham, un écrivain célèbre, au cours d'une nuit solitaire, la veille de son anniversaire. Le narrateur se meurt : il se débat pour concevoir sa dernière œuvre, un roman dans lequel il explore des aspects de lui-même.En même temps, il est submergé de cauchemars : au cours d'un coup d'état, de nombreuses personnes arrêtées sont parquées dans un stade de football...
  
1980Mon oncle d'Amérique 
Avec : Gérard Depardieu (René Ragueneau), Nicole Garcia (Janine Garnier), Roger Pierre (Jean Le Gall). 2h05.
Trois destinées, celles d'un journaliste directeur des informations d'un poste de radio, d'un fils d'agriculteur recyclé dans une industrie textile elle-même en mutation, et celle d'une fille d'ouvrier devenue styliste, s'entrecroisent en contrepoint des théories formulées depuis son laboratoire par le professeur Laborit, biologiste et analyste des comportements des rats et des hommes vivant en société.
  
1983La vie est un roman
Avec : Vittorio Gassman (Walter Guarini), Ruggero Raimondi (Count Michel Forbek), Fanny Ardant (Livia Cerasquier). 1h51.
En 1914, le comte Michel Forbek montre la maquette d'un fabuleux château dont il veut faire un " temple du bonheur " pour lui-même et ses amis - notamment la femme qu'il aime, Livia. Mais ce n'est qu'en 1919, après la guerre, qu'il les réunit tous dans le seul bâtiment construit. Forbek soumet ses invités à une sorte d'expérience chimique qui va préparer leurs sens au " bonheur éternel".
  
1984L’amour à mort
Avec : Sabine Azéma (Elisabeth Sutter), Fanny Ardant (Judith Martignac), Pierre Arditi (Simon Roche), André Dussollier (Jérôme Martignac), Jean Dasté (Doctor Rozier). 1h32.
Archéologue dans le Gard, Simon vit depuis quelques mois un amour passionné avec Elisabeth. Un soir, dans leur maison près d'Uzès, il s'effondre, frappé d'une atroce douleur à la poitrine ; le médecin arrive et ne peut que constater la mort... Et pourtant, à peine quelques instants plus tard, alors que le docteur Rozier vient de quitter la maison, Simon réapparaît devant Elisabeth..
  
1986Mélo 
Avec : Sabine Azéma (Romaine Belcroix), Fanny Ardant (Christiane Levesque), Pierre Arditi (Pierre Belcroix), André Dussollier (Marcel Blanc). 1h50.
Un soir de juin 1926. Marcel Blanc, grand violoniste qui parcourt le monde pour faire apprécier son talent, dîne chez son vieil ami Pierre Belcroix, musicien plus modeste que Marcel a connu au Conservatoire. Dans son petit pavillon de la banlieue parisienne, à Montrouge, Pierre vit une vie beaucoup moins exaltante, aux côtés de sa charmante femme Romaine...
  
1989I want to go home 
Avec : Laura Benson, Adolph Green, Linda Lavin, Gérard Depardieu, Geraldine Chaplin, John Ashton.1h45
Elsie en a assez de Cleveland, de l'étroitesse d'esprit des Américains, de son père et des bandes dessinées qui font son succès. "Je m'évade, Molière, Racine, j'arrive! " s'écrie-t-elle dans l'avion de Paris. La jeune étudiante veut se consacrer à une vraie culture et travailler à la Sorbonne...
  
1993Smoking No Smoking 
Avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, Peter Hudson. 2h25.
Un village du Yorkshire. Celia Teasdale, femme du directeur de l’école, fait le ménage dans son cottage. Sur la terrasse, lors d’une pause, elle hésite à prendre une cigarette… et s’abstient. Entre Miles Coombes, ami de son mari Toby, gêné d’évoquer l’ivrognerie de ce dernier et ses carences sentimentales et professionnelles.
  
1997On connaît la chanson 
Avec : Pierre Arditi (Claude), Sabine Azéma (Odile), Jean-Pierre Bacri (Nicolas), André Dussollier (Simon), Agnès Jaoui (Camille Lalande), Lambert Wilson (Marc Duveyrier), Jane Birkin (Jane). 2h00.
Auteur de pièces radiophoniques et - il faut bien vivre ! - employé d'agence immobilière, Simon aime secrètement Camille, brillante chercheuse en histoire et guide de tourisme à Paris, au point qu'il perturbe par sa présence les visites qu'elle organise. Mais suite à un malentendu, Camille s'éprend du patron de Simon, le beau Marc, un coureur impénitent...
  
2003Pas sur la bouche 
Avec : Sabine Azéma (Gilberte Valandray), Pierre Arditi (Georges Valandray), Audrey Tautou (Huguette Verberie). 1h55.
Gilberte et Georges Valandray forment un couple bourgeois harmonieux dans le Paris de 1925. Monsieur est un riche homme d'affaires spécialisé dans la métallurgie. Madame est une femme coquette qui aime faire craquer les hommes. Mais voilà qu'arrive celui que personne n'attendait : Eric Thomson, industriel américain qui fut le premier mari de Gilberte.
  
2006Coeurs 
Avec : Sabine Azéma (Charlotte), Lambert Wilson (Dan), André Dussollier (Thierry), Laura Morante (Nicole). 2h00.
Nicole cherche un appartement de trois pièces dont l'une serra consacrée au bureau de son fiancé. L'appartement que lui propose Thierry, l'agent immobilier est "petit" . Dan, le compagnon de Nicole, a oublié de se rendre à la visite de l'appartement. Englué au bar de l'hôtel quatre étoiles où il discute avec le barman, il raconte sa vie...
  
2009Les herbes folles 
Avec : Sabine Azéma (Charlotte), Lambert Wilson (Dan), André Dussollier (Thierry), Laura Morante (Nicole). 2h00.
Nicole cherche un appartement de trois pièces dont l'une serra consacrée au bureau de son fiancé. L'appartement que lui propose Thierry, l'agent immobilier est "petit" . Dan, le compagnon de Nicole, a oublié de se rendre à la visite de l'appartement. Englué au bar de l'hôtel quatre étoiles où il discute avec le barman, il raconte sa vie...
  
2012Vous n'avez encore rien vu 
Avec : Mathieu Amalric (M. Henri), Lambert Wilson (Orphée n°2), Michel Piccoli (Le père), Anne Consigny (Eurydice n°2). 1h55.
Antoine d’Anthac, célèbre auteur dramatique, convoque par-delà sa mort, tous les amis qui ont interprété sa pièce "Eurydice". Ces comédiens ont pour mission de visionner une captation de cette œuvre par une jeune troupe, la compagnie de la Colombe...
  
2014Aimer, boire et chanter 
Avec : Sabine Azéma (Kathryn), Hippolyte Girardot (Colin), Caroline Silhol (Tamara), Michel Vuillermoz (Jack). 1h48.
Dans la campagne anglaise du Yorkshire, la vie de trois couples est bouleversée pendant quelques mois, du printemps à l’automne, par le comportement énigmatique de leur ami George Riley. Lorsque le médecin Colin apprend par mégarde à sa femme Kathryn que les jours de son patient George Riley sont sans doute comptés, il ignore que celui-ci a été le premier amour de Kathryn....